La montagne en Isère, et maintenant ?

L’information redoutée par tous les professionnels de la montagne a été confirmée le 20 janvier : les remontées mécaniques des stations de ski resteront fermées jusqu’au 1e février au moins. Il est peu probable qu’elles puissent ouvrir mi-février au vu de l’évolution de la crise sanitaire. On s’oriente vers une saison « blanche » et une perte de chiffres d’affaires en Isère, estimée à 800 millions d’euros pour la saison d’hiver (dont 200 millions d’euros pour les seules vacances de février). De mars 2020 à février 2021, les pertes en Isère s’élèveraient à plus d’1 milliard d’euros. Ici, comme dans toute la montagne française la déception et la colère sont immenses. Face aux interrogations sur le
futur, le département de l’Isère, Isère Attractivité et ses territoires de montagne se sont déjà mobilisés pour imaginer l’avenir et réitèrent leur appel à un Plan « stations de montagne » d’envergure nationale.

L’écosystème de la montagne menacé

Les domaines skiables constituent un atout majeur pour la pérennité de l’activité économique et des emplois dans de nombreuses zones de montagnes. Sur un plan international, la France est un des leaders mondiaux du tourisme hivernal avec le plus important domaine skiable du monde. La pandémie de Covid n’est pas la première crise que cet écosystème traverse. Sanitaire ou climatique, la montagne subit des crises dont elle n’est pas responsable. Elle fait face depuis plusieurs années à deux grands défis : le changement climatique et l’évolution des attentes des clientèles. Le modèle du « tout ski » est questionné et doit se repenser. La Covid rend ce modèle encore plus vulnérable et nous conduit à accélérer les changements. Néanmoins, aujourd’hui, fermer les remontées mécaniques, c’est mettre en danger un des leviers nécessaires à cette transition qui prend du temps.

Le Département de l’Isère déjà engagé dans cette transition

En Isère, les stations de montagne n’ont pas attendu la crise sanitaire pour mettre en place des stratégies multi-saisons.
Grâce à un dispositif original, les Contrats de Performance Alpes Isère (CPAI), le Département permet à l’aide de la taxe collectée sur les remontées mécaniques de financer les projets de diversification dans les stations iséroises. Ainsi au cours des 5 dernières années, 78 % des financements des CPAI, ont été consacrés à la diversification. 121 projets ont pu se développer pour un montant total de 27 470 029 € dont 6 613 238 € financés par le Département (1€ d’aide = 4 € investis sur le territoire pour la réalisation du projet). Ces projets vont au-delà des activités sportives et des équipements de loisirs pour que d’autres économies comme les projets de tiers-lieux ou ceux liés au bien-être par exemple, s’installent. Ainsi le ski et les remontées mécaniques permettent la diversification. Comprendre le présent pour construire l’avenir.

L’Isère se positionne pour un Plan « stations de montagnes » d’envergure nationale

  • Les différentes aides actuelles sont compensatoires et ne suffisent pas pour assurer la reprise puis le développement des
    territoires de montagne.
  • Les stations ont besoin d’une vision stratégique globale pour relever les défis qu’elles subissent : changement climatique,
    évolution des attentes des clientèles et maintenant crise sanitaire
  • L’économie construite autour du ski a permis a la France d’être un leader mondial. La France ne doit pas perdre cette pépite
    et son attractivité face à la concurrence.
  • L’économie du ski est une économie saisonnière qui permet à la population montagnarde de vivre à l’année.

Un véritable Plan « stations de montagne est donc nécessaire

Il aurait notamment pour objectifs de repenser, avec l’ensemble des filières concernées, l’offre des stations en fonction des attentes des clientèles, de donner l’accès aux plus jeunes et aux plus modestes, aux richesses naturelles de la montagne, de rénover l’immobilier de loisirs, de soutenir les centres de vacances, les classes de neige et d’optimiser la gouvernance des stations.
L’Isère, territoire d’expérimentation par excellence a été pionnière en France sur les nouveaux usages de la station du futur, sur les mobilités touristiques, les tiers-lieux, la montagne et la santé, l’impact du réchauffement climatique…

Dans ce contexte, l’Isère propose de poursuivre ses expérimentations, d’être le laboratoire des stations de demain. Isère Attractivité soumettra prochainement à ses membres, parmi lesquels se trouve l’association des maires de stations de l’Isère, sa vision des enjeux et des chapitres stratégiques d’un Plan « stations de montagne » ambitieux et audacieux.

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